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AH L'AMOUR !

TOUTE UNE HISTOIRE

by Catherine Bécam

· créativité,amour,Jesus,sculpture,Alexia Carmona

Sur les portes de l’Aurore était écrit : AMOUR.

Nous étions des milliers rassemblés sous le porche, et la pluie chaude battait. Nos yeux suspendus vers le ciel, nos oreilles tendues vers la Lumière, en un silence rédempteur, nous attendions. Nous attendions l’indicible. Sous nos chairs vibrait le son divin. Et pas un d’entre nous ne remuait. Car nous savions tous que notre maître Jésus allait venir vers nous, pour nous parler de notre véritable identité. Nous ne faisions plus qu’Un, émerveillés par l’attente sacrée qu’éveillait Celui qui s’était fait Dieu parmi nous. Et ne nous avait-il pas promis que nous aussi, nous pouvions réaliser ce miracle, devenir comme lui, ‘un avec le Père ‘ ?

Mon Dieu, ne L’abandonne pas… ai-je pensé un moment, seul parmi la foule. Laisse-moi le temps de Le voir, de L’entendre, de recevoir Sa Grâce et Sa Bénédiction, ô Jésus, mon maître, Toi qui parcours, pieds nus, les chemins d’Israël et qu’on écoute, même d’Égypte. Sais-Tu que je me suis caché dans les venelles de Ta ville et qu’on me dit que Tu vas monter à la croix ? … Je n’en crois pas mes yeux, mais les compagnons sont formels : cette nuit, Tu seras déjà sur la croix.

J’ai attendu, les poings serrés, derrière les hautes portes de la ville sainte de Jérusalem. Et je n’en crois rien : toute cette agitation dans les rues, toute cette violence qu’on tait, mais qui est pourtant bien là… Pourquoi, mon Dieu, suis-je venu d’aussi loin pour qu’on m’annonce cette horrible nouvelle ? Mes pieds ont traversé les déserts, les ports et les gravats d’infamies. Et on me dit que Tu vas payer pour les troubles que Tu as semés. Je veux Te voir, Rabbi, je veux T’entendre et Te toucher. Tu es le seul qui pouvais nous sauver, dire CE QUI EST, comment sont les lois de notre Père Horus, ainsi que nous l’appelons en Haute-Terre. Je T’entends, Maître, ne va pas mourir bêtement sur la croix du voleur et de l’assassin, je T'en conjure. Pour le peuple de la terre, ne fais pas cela.

Je passe la nuit dans une boutique ouverte. On dit qu’Il va sortir, demain, à l’aube. Et où sont les compagnons ? Les traîtres, pas un n’est resté.

Jésus m’est apparu alors, au coin de la porte, comme un voleur dans la nuit et Il m’a regardé profondément : « Ne crains rien, Athanor, il ne passera pas trois jours et trois nuits que je ne revienne parmi vous. » Et alors moi, l’Egyptien à la peau brûlée, je me suis mis à douter. N’avais-je fait tous ces kilomètres pour n’apercevoir qu’une image qui filait sous mes yeux ? « Jésus n’est que l’instrument d’une Force qui L’habite, la Vie. Ne va pas t’attacher à la forme, mon frère. Viens, suis-moi, et regarde au-dedans, scrute la Vérité. ».

Dans le ciel, quand je sortis de la boutique, il y eut comme un éclair provenant de la lune, à trois-quarts pleine, et j’ai tremblé. Les étoiles formaient à elles seules une transcription hiéroglyphe qui signifiait que les temps étaient venus pour que Dieu se révèle à chacun, mais pas avant demain, pas avant demain…

Des cris dans la rue, des voix de prostituées poursuivies par des romains et la foule en liesse qui bat des mains, apeurée ou enivrée par le vice qui imprègne l’atmosphère … La silhouette de Jésus est à mes côtés et je ne crains rien, pas même qu’on m’étrangle ou qu’on me demande ce que je fais là… dans la ville sainte… de Jérusalem…

 

« Demain, oui, demain, quand les hommes se seront tus, qu’ils auront découvert que la divinité réside en eux… que tout est en eux. Ô mon maître Jésus !… »

La forme, évanescente, s’est évanouie et je me suis écroulé. C’était comme si une énergie mystérieuse s’était emparée de moi et puis qu’elle me quittait. J’ai tendu la main… Jésus… Il y eut le tenancier de la boutique qui me demanda si je ne voulais pas un autre verre de vin. Et j’entendis Jésus et je Le vis : « Ceci est mon sang, buvez, ceci est le sang du Christ ». Demain, avait-Il dit, demain…

La foule attend. Muette.

Moi, l’Égyptien, je frôle les murs et je regarde alentour. Je ne peux croire qu’on va tuer mon maître. NON ! Et les portes se sont ouvertes et Jésus est sorti, maigre, les côtes saillantes, le cou déformé par les tortures. La bouche en silence. Lui qui autrefois disait les mots justes qui traversaient les frontières pour se réfugier jusque dans mon pays. Ce n’est pas possible que notre noble maître soit ainsi : nu portant une croix ! Non ! Je serre les poings et j’attends. Pas un ne bouge. Puis les insultes s’élèvent l’une après l’autre et je tremble. Et je me décide à avancer. Pour Le regarder passer, pour qu’Il me voit, pour qu’Il sache que je suis là. Jésus, pas Toi ! Pas à Toi, ils n’ont pas pu… Et Il avance, portant cette croix immense, et alors les cris se taisent. Parce que personne ne peut rester insensible à la grâce du maître. Une musique des sphères s’élance de chacun de Ses mouvements. Son corps, aussi décharné soit-il, est une divine sculpture, Maître…

Jésus ! Mes sanglots demeurent, bloqués dans la gorge. Je ne fais qu’assister à la scène, impuissant, en sachant que demain, c’est aujourd’hui même… Jésus… Ô Jésus, ne nous abandonne pas, Jésus… Et Il passe, Il marche, Il porte doucement et lentement toute cette carcasse de bois, mesurant le poids de ce lourd fardeau qu’Il s’est imposé. Jésus… Et je pleure, moi l’Egyptien, et ne sais contenir mes larmes quand à quelques mètres de moi, Tu tournes les yeux et Tu me salues au passage. Et j’entends Ta voix qui résonne encore aujourd’hui : « Je vais vers le Père, nous nous verrons, d’autres miracles auront encore lieu ! »

Je ne peux que pleurer, de ma petitesse, de mon impuissance, de ma révolte, ô Jésus, à Te voir, courbant l’échine pour nous tous, ils ne comprennent pas que Tu es venu nous sauver de nous-mêmes, nous enseigner la grâce de l’amour. O Jésus, je pleure de rage, je ne comprends pas, je ne peux comprendre le dessein des dieux mais combien je t’aime, ô Jésus…

Et Il marcha encore, vers la croix qu’Il allait Lui-même suspendre, humble, noble, le fils de Dieu, mon Maître. Le Christ qui marchait parmi nous, les épines lui creusant des nuées de couleur rouge sur la nuque, le ‘sang du Christ’. Et Il s’élança, vers la colline. Et je demeurai là, souffrant mille douleurs, mille morts, espérant qu’Il reviendrait. Il l’avait promis. Jésus, ne pars pas, reviens-nous, Toi qui as accompli Ton admirable destin.

Et du haut de la colline, je vis une tête se redresser. C’était Lui, et dans Ses yeux, il y avait la lueur d’une promesse : Il m’avait entendu, moi l’Égyptien. Alors relâchant le poing, j’ai quitté la foule. Jésus était en mon cœur, à partir de ce jour-là, à jamais…

Le Christ en fil de fer d'Alexia Carmona, sculpteur designer est en vente à la boutique ETSY.

Aller + loin Alexia Carmona

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