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DANS(E) TES MOTS

un atelier pour soi

· créativité,mouvements,lettres,alphabet,danse

La prise de conscience d’une correspondance intuitive entre le son et la gestuelle m’est tombée dessus il y a une trentaine d’années, alors que j’étais étudiante à Paris, en écoutant la musique de Philippe Kadosh, un ami musicien, compositeur et chercheur. Il m’est apparu comme une évidence que mon corps tout entier, dans sa libre expression, dessinait dans l’espace les sons que j’entendais. Ce souvenir ne m’a jamais quittée.
 

Mystère des mots

Trois décennies plus tard, Philippe me contacte pour écrire les paroles d’une de ses créations sonores. J’accepte avec enthousiasme. Et c’est là que je découvre toute la portée de son œuvre.
Pour l’album Babel Eyes, Disapearing Languages, Philippe K. a inventé des langues et des dialectes inspirés des langages en voie de disparition (tribus d’Amazonie, Balkans…).

Des « langues vierges (de sens) » puisqu'il a fabriqué de toutes pièces des syllabes ou des phonèmes inexistants. Une invitation à vocaliser le Monde et prendre conscience du danger de la disparition des langues. Sur les 6000 langues parlées sur la planète, une langue disparaît tous les 15 jours.
Cela me parle, cela fait sens pour l'amoureuse des mots que je suis. Et cela m'inspire, d'autant qu'il s'est entouré pour cet album , d'une des plus belles voix brésiliennes, Tetê Espindola et du jazzman David Linx. Rien que cela...

Au-delà du mystère que le mot suscite, il a toujours été essentiel dans mon cheminement. En tant qu’auteur, je me sens une orfèvre du mot. C’est le mot qui descend dans la matière, dans la densité qui se fait Vie, en fonction de nos désirs, de notre élan de Vie. Le mot véhicule une part de nous que nous ne maîtrisons pas, il appartient à l’ordre du sacré. Il y a une force et une magie en cette juxtaposition de lettres et de sons, qui me fascinent.
J’ai fait souvent l’expérience quand j’écrivais de courtes nouvelles que mes mots pouvaient parfois se manifester dans ma propre vie. Comme une prémonition ? Cette capacité à créer une réalité à partir de mots, de leur assemblage m’a effrayée. Cette manifestation dans le Réel est tout juste impossible à accepter.
Comment était-ce possible ? Etais-je une magicienne des mots ? Tout comme ma première expérience vécue des correspondances entre les sons et la gestuelle, il m’est apparu clairement que les mots vibraient, chantaient, dansaient. Et que je pouvais les apprivoiser.

Pour moi, le mot magique ABRACADABRA, qui en hébreu signifie « Je crée quand je parle » est significatif. Le mot transmet, véhicule une vibration, une émotion, une idée. La richesse de notre langue nous permet également de traduire avec précision toutes les émotions qui nous traversent, de les nommer et de les laisser aller. Les relâcher. Les mots permettent la re- connaissance et la reconnexion à chacune de nos émotions. Les plus joyeuses comme les plus sombres.

Aujourd’hui, au fur et à mesure des découvertes humaines, scientifiques, philosophiques, de nouveaux mots apparaissent, pour certains ne figurant pas encore dans le dictionnaire de la langue française : sérendipité, lethologica, épigénétique… Petite parenthèse : j’avais adoré la création du néologisme de Ségolène Royal, la bravitude, raillée alors dans les médias au cours de sa campagne présidentielle. Il m'arrive aussi souvent d'inventer des mots ou des expressions, car ils traduisent au plus près ce que je veux exprimer.

Inspiration

Chaque jour, je me rends compte du pouvoir des mots. Utilisés en conscience, ils nous offrent un cadeau précieux: la capacité à nous rassembler, à nous reconnecter à ce que nous sommes et de créer notre réalité.
Il y a peu, j'ai découvert la TENOUA, "mouvement" en hébreu, un véritable Yoga ou Tai-Chi hébraïque, un ensemble de 22 chorégraphies créées par Tina Bosi, chorégraphe, massothérapeute, et Frank Lalou, calligraphe hébraïque et auteur de nombreux livres sur la Bible. Une révélation.
Selon la tradition, l'Alphabet a servi à créer l'Univers. Ainsi notre microcosme corporel est directement en résonance avec le macrocosme divin. Tina Bosi a donc élaboré des enchaînements qui permettent de dynamiser les parties du corps décrites dans le Sépher Yétsira. La Ténoua conscientise et libère, par des mouvements en spirale sur les tissus, les mémoires affectives, émotionnelles et physiques contenues dans chaque glande, muscle et organe.
Un beau matin, je me réveille avec une impulsion, celle de danser les lettres de l’alphabet.

Une danse intuitive : danser les initiales de mon prénom, de mon nom, puis aller au-delà de ce qui me fut donné à la naissance, pour dépasser ce qu’on nomme le destin, celui de mes parents, de mes grands-parents, de tous mes aïeux, de toutes mes lignées familiales, de toutes ces croyances que je porte inconsciemment et qui m’obligent à jouer un rôle qui ne me convient plus et qui me limite dans ce que JE SUIS.
Un geste. Une lettre. Un son. Dans(e) les mots.
J'ai envie de me laisser porter par la symbolique des lettres. De ré-inventer ma VIE à leur lumière. J'ai envie d'incarner, à travers le mot, ce que JE SUIS. Même si je n'ai pas été formée pour être une danseuse...

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