Return to site

Histoire de ... douceur(s)

sur les chemins de ronde

de la Costa Brava

De la douceur, rien que de la douceur : j'veux de la douceur. Une douceur à embraser, à contempler, à goûter, à savourer, à recevoir et à prendre à bras le cœur. Une douceur à laquelle on s’abandonne sans aucune résistance, qu’on prend dans ses bras, dorloté au creux d'une nature exubérante et chatoyante. L’âme bercée par le ressac de la mer méditerranéenne. Savourer la douceur du temps qui est. Éternelle. Dans cet ancien village de pêcheurs de la Costa Brava : Tamariu. Goûter les poissons qui sortent des filets, et pas que du bout des lèvres. Sentir la brise légère frémir sur la peau, avec les premières chaleurs printanières d’avril, faire corps avec ce qui est, là… Partir à l’aventure sur les chemins de ronde et s’émerveiller devant la force des falaises qui plongent abruptement dans l’eau turquoise. Se poser à Bégur, non loin d’un corps du Christ, pour y savourer une cuisine créative et gastronomiquement libre. Rien qu’une autre histoire.

Vous avez dit Tamariu ?

D’interminables virages sur la route sinueuse qu’on aborde en douceur, avant d’atteindre le village de pêcheurs. C'est un Eden protégé qui attend le visiteur, là tout en bas, un village cerclé d’une nature encore sauvage. Rejoindre l’hôtel, dans une ruelle difficile à trouver. Vite, y déposer les bagages dans la chambre. S’extasier de la vue sur une jolie crique de sable balayée par les pins. Et sortir, pressée de respirer l’air de la brise marine, pour se fondre dans les bleus, les blancs qui composent ce village si charmant qu’on dirait tout droit extrait d’un conte. Une villégiature rêvée pour celles et ceux en quête de douceur, d’inspiration et de calme. Un paysage de carte postale avec ses maisons blanchies à la chaux, ses rochers au contact de l’eau, ses plages de sable aux eaux cristallines dans une anse idyllique que longent quelques restaurants et un seul marchand de souvenirs… Les bateaux sont amarrés au cœur de l’anse, pins et tamaris tout alentour. Et on rêve éveillé.

Inspirer à pleins poumons l’air de la mer, entre deux rochers sur la plage dels Iris, allongée sur le sable, sensuellement, dans ce paradis bordé de pins, puis emprunter l’escalier qui mène à l’hôtel pour apprécier un café sur la terrasse du bar belvédère. Et là encore, face à l’immensité des bleus changeants, profonds, turquoise puis émeraude, jouir de l’instant, juste être là, et savourer le temps qui s’égrène.

Eaux cristallines à Tamariu

Plage dels Iris : une ancienne maison aux volets verts. On aperçoit son toit orangé de la chambre d’hôtel. Les pêcheurs y stockaient autrefois outils, vêtements, filets de pêche et accessoires de cuisine. Aujourd’hui, le bâtiment est fermé. Alors, on ferme les yeux, on s’imprègne de l’Esprit des lieux qui dit en silence à l'âme qui sait entendre : "Goûte, goûte, goûte simplement le contentement d’être toi, rien n'est grave, rien n'est vraiment sérieux. Respire..." Puis il semble partir d’un grand fou rire contagieux. On pense alors à l’enfant du pays, l’écrivain et journaliste Josep Pla, connu en France pour son livre inclassable « Le cahier gris » qui avec ses mots ciselés, chantait Tamariu :

« … Sous le prodigieux paysage physique de Tamariu, il y a l’esprit du lieu – le génie des lieux – secret, indéfinissable, mystérieux, qui semble être lié à la quintessence de la liberté. C’est cet esprit enchâssé dans une géographie prodigieuse, qui doit être maintenue dans notre esprit le plus archaïque, le rêve de Tamariu comme modeste paradis accessible. »

 

Mon pays. OC VII, 665-668

On ne sait pas trop ce qui se passe, à Tamariu, il est vrai. Un esprit de liberté souffle sur l’anse et les environs, il nous extrait de nos limites, de notre enfermement. Alors, le voyage de soi à soi peut commencer. On emprunte avec ferveur l'un des tronçons de la Cami de Ronda, que les douaniers dès le XIXè siècle utilisaient tout le long de la Costa Brava pour contrôler la côte et contrecarrer la contrebande. Ces chemins de douane, reliant les villages côtiers, permettaient aussi de contrôler la frontière du pays, en particulier à l'époque des troubles économiques que connut l'Espagne après la guerre civile. A ce jour, on ne croise ici plus aucun flibustier. Ni pirate, ni corsaire et encore moins la Guardia Civil. Les "marcheurs en conscience" armés de leurs bâtons parcourent la côte en toute légitimité. Légers et animés par cette mère-nature époustouflante qui les entoure.

Larguer les amarres

Comme une Alice au pays des merveilles, on grimpe l'escalier à droite. Fébrile et émerveillée. On fait corps avec ce qu’on crée : une côte de granits surréaliste à l’ombre des pins, réalité de toute beauté, surplombant les eaux claires. On saute, - spontanéité de l'enfance - , de roche en roche, rejoignant le sentier pédestre du chemin des douaniers, en toute confiance. On s'arrête un instant dans une cabane de pêcheurs qui sent le poisson usé. On ne se perdra pas, même si on n’est pas très sûre d’être sur le bon chemin. Ici, tout est balisé. Non, non, on ne va pas se perdre, il faut juste suivre le GR je ne sais plus combien, - ah si ! le GR92 - , à l’appel du large (où on longe de nombreuses criques). De sentinelles en sentinelles rocheuses surplombant la mer, on se fond dans un espace-temps improbable. Et on se met aussi à surveiller en toute équanimité le temps qui érode les roches.

Émerveillements 'quintessents'

A chaque pas, on découvre, on s’émerveille, on remercie, on respire, on se sent vibrant, plein, unifié. Un paysage en révèle un autre, magique, magnifique, grandiose. On respire la vie, c’est doux, c’est si bon, on s’abandonne à cette somptuosité en longeant les falaises, puis une forêt de pins, auréolée d’une brume mystérieuse, ouvre les bras au visiteur, enchanteresse, l'initiant à ses secrets : « Viens, viens, viens… »

Ici, un chemin de Toscane se profile avant de se refermer sur des sentiers plus abruptes, où on s’accroche aux racines des arbres plus que centenaires. On s’attarde sur un banc, les pieds ne touchant pas terre, en pleine contemplation. Et puis, là, du haut de la falaise, la petite plage de galets, la Cala Pedrosa s’offre au promeneur. Immaculée.

Aucun son autre que ceux de la nature ambiante, aucune disharmonie, la perfection dans ce qu’elle a de plus pur. On descend, on fait attention à chacun de nos pas, pour ne pas chuter, on s’accroche aux rampes de bois qui facilitent la descente vers ce petit bout du monde. Il fait doux en ce mois d’avril, et on est seul quand on pose le pied sur le premier galet.

A gauche, une cabane de pêcheurs, charmante, irréelle, indique que nous sommes bien à la Cala Pedrosa. On apprend par la suite que c’est un restaurant tenu l'été par deux charmantes vielles dames qui préparent avec soin et amour des produits locaux, approvisionnés par la mer. (En haute saison, la crique est assaillie. On y vient en bateau qu’on amarre à quelques mètres de la plage de galets).

Mondes visibles et invisibles

L’eau est encore fraîche en ce mois d’avril, on y trempe un doigt de pied, et le corps frissonne. Alerte : ce n’est pas encore le moment de se plonger dans les eaux de la Costa « brava », sauvage et pénétrante. Il faudra encore attendre. Du moins pour les moins valeureux(ses). Un chien vient s’ébrouer auprès d’un galet, trempé, ses maîtres l’appellent. D’autres visiteurs, le temps d’une pause, viennent aussi savourer la magie de la crique désertée. On se sourit tous, heureux d’être là. Et puis, un mouvement dans les roches, un esprit se signale, il se dessine subrepticement. J’ai déjà vu des fées en forêt de Brocéliande, cela n’a rien d’extraordinaire. Et un maître soufi n’avait-il pas dit, qu’« il m’était donné de voir ». Alors, on zoome, avec l’i-phone, mais le gnome ne veut pas qu’on l’éternise. (Il est très beau, mais il ne veut sans doute pas l’entendre, peut-être que dans son monde d’élémental, la beauté se discute !!!). On entend de doux mots bercés à l’oreille : « Tout comme moi, que tu vois dans l'invisible, préoccupe-toi d'une seule chose : occupe l’espace du contentement d’être toi !!! ». Et on se sourit. Sincèrement content. (Vous le voyez, notre Roi des Gnomes ?)

De là, on pourrait remonter vers d’autres sentiers, pour atteindre à 167 mètres au-dessus de la mer le phare et ermitage de Sant Sebastià édifié en 1857. Et y bénéficier d’une vue magnifique. Mais on est tant comblé, tant rempli par l’instant, qu’on reprend le chemin en sens inverse. Pour s’imprégner, d’un autre point de vue, avec une autre lumière, de la saveur de la Vie en ‘Costa Brava' . Et puis parce qu’on a quand même un peu faim…

Begur, l’âme des indianos

A quelques kilomètres de Tamariu, un autre jour, on emprunte la route vers Begur, (cela monte, cela descend, cela remonte, cela redescend !!!), un village des terres, singulier, de quelque 4000 âmes, d’où l’on peut pratiquer de nombreuses randonnées vers d'autres portions du camino da ronda, en partant de Sa Tuna.

En bas du village de Begur, on se gare sur un parking gratuit, à l’écart, pour éviter l’horodateur, avant d’entreprendre la montée du village, encore préservé du tourisme de masse. Le village de Bégur s’est développé au fil du temps au pied d’un château du XIème siècle, hissé sur un promontoire ou du moins ce qu’il en reste, de nobles ruines qui narguent superbement la mer. A cette époque, les villes étaient construites à l’écart du littoral afin de les protéger des attaques des pirates et des corsaires.

Begur, l’âme des Indianos. Car c’est de cela qu’il s’agit quand on est à Begur, de revisiter l’histoire, de celles et ceux qui ont eu un jour l’audace de quitter le connu pour s’aventurer vers d’autres terres. Begur est devenue ainsi la ville des Indianos (et c’est là tout le génie politique du développement touristique quand on parie sur l’histoire d’une poignée d’enfants du pays qui ont fait fortune à Cuba, Puerto Rica et qui revenus, ont fait construire de somptueuses maisons de type colonial…). Et ce n’est pas rien !! Chaque année, le 1er week-end de septembre, on y célèbre la Fira D’Indians. Identité, fierté des ancêtres qui ont rendu gloire à Bégur. Dans la Cas Antic, on dénombre onze architectures construites tout au long du XIXème siècle. L’itinéraire démarre à la Mairie, pour se terminer à la Casa de Vincenç Ferrer i Bataller, en passant par la Casa Bonaventura Caner i Btaller, actuel Hôtel Aigua Clara, la plus époustouflante maison coloniale du village. Immenses balcons, patios aménagés en jardin, peintures murales, autant de parures démonstratives pour afficher sa richesse due aux terres d’ailleurs !!!

Sur une place tranquille, tout près d’un Christ en croix, il est l'heure de grignoter un morceau. On interrompt la jolie serveuse dans ses vocalises, occupée à inscrire le menu du jour sur une ardoise grand format. Rires partagés. Douce complicité. A son invitation, on choisit une table sur la terrasse au soleil, et là, on oublie l’histoire des Indianos, de ces ancêtres qui font partie de notre inconscient collectif, pour savourer la cuisine inventive des lieux.

Tout simplement divin. A la première mise en bouche, c'est l'extase. Ce "tartar calent de patata al caliu"... du restaurant 'librement gastronomique' Cal Bandarra, est audacieusement inventif. Cuisine raffinée. Élégante. Extrêmement douce, comme on les aime. Une explosion de saveurs, d'arômes, d'herbes éclatantes que l'on devine en ce savant mélange, accompagnée d'un vin blanc local qui flatte le palais. Hummm, que la vie est savoureuse ! On la ressent jusqu'au bout des orteils. Sans aucune distraction, sans aucune pensée pour un ailleurs qui serait mieux adapté. Dans un état d'amour qui relie parfaitement à la Vie.

Bégur, c'est décidément une belle histoire, avec ses jardins secrets, ses nuits à la mode Havana qui bientôt ouvriront le bal de la saison d'été, un voyage dans le temps et l'espace, une énergie à laquelle on se ressource, pour mieux repartir vers d'autres horizons. Tout en douceur.

On n'oublie pas de prendre soin de soi au SPABEGUR de l'Hôtel Rosa, pour un massage intemporel, rien que du naturel, parce que l'essentiel, c'est de se choyer, cadeau de la Vie, et s'offrir le meilleur : des mains expertes qui nourrissent l'être.

Alors oui, oui et re-oui à la douceur, à cet abandon à la Vie, un non-désir, une présence à soi sans volonté autre que d'être, pleinement, doucement, dans l’accueil de ce qui est. Car y’a pas à dire, on est trop content d’occuper l’espace d’être soi… et d'aimer, dans cette quintessence de liberté, si chère au chroniqueur Josep Pla.

Mes bonnes adresses (c'est pas exhaustif, loin de là !) :

 

- Hôtel Hostallio à Tamariu : un havre de paix et de tranquillité, un petit déjeuner au top, face à la mer, en salle ou sur la terrasse. La réception est aux petits soins, le bar belvédère est magique, on peut y bronzer sur les transats. (Le serveur a parfois du mal à se souvenir de votre numéro de chambre mais on lui pardonne, son irish coffee est excellent et il vous sert de très bons snacks !!!). C'est élégant et chic sans ostentation, on s'y sent vraiment bien. Accès direct sur la plage, prix raisonnables via Booking hors saison - dès 68 euros petit déjeuner compris, chambre avec vue sur mer. Possibilité de parking payant pour 14 euros / jour.

- A Begur, un peu hors du village, j'ai adoré l'Hôtel ES Cel de Begur : ne pas avoir peur des démarrages en côte, parce que cela pique ! On se croirait à la maison, piscine et vue dégagée sur mer, y aller hors saison pour profiter de l'intimité du lieu et des prix qui vont avec. Volupté garantie.

- Toujours à Begur, un lieu hors norme, l'Hôtel Convent, dans un ancien couvent restauré datant du XVIIe siècle, classe, très classe... Zénitude assurée. Un peu plus cher mais cela vaut le coup !

- Aiguaclara, un hôtel de caractère dans un palais colonial du XIXe siècle de Begur. Le restaurant a pour mantra le love love love qu'on revendique. Et en plus, on y mange bien.

- Restaurant Cal Banderra, à Begur : ce resto gastro inventif, c'est de la tuerie, le chef est un génie, il s'éclate et partage sa passion, cela se ressent. Le staff - un grand merci à la jolie serveuse anglaise - est aux petits soins. On est au paradis !

- Cactus, une jolie boutique de bijoux en pierres précieuses à Begur. Aussi précieux que les yeux du vendeur (peut-être le boss mea culpa !) qui vous informe avec beaucoup de douceur sans forcer la main, on apprécie !

- SPABEGUR, un centre de thérapies naturelles holistique, où on peut s'offrir un soin dès 50 euros, avec des pros au service du bien-être.

 

All Posts
×

Almost done…

We just sent you an email. Please click the link in the email to confirm your subscription!

OKSubscriptions powered by Strikingly